Arnold Böcklin, Autoportrait Avec La Mort Au Violon, 1872
Arnold Böcklin, Autoportrait Avec La Mort Au Violon, 1872

Et l’amour? Il faut nous laver
De cette crasse héréditaire
Où notre vermine stellaire
Continue à se prélasser
L’orgue, l’orgue qui moud le vent
Le ressac de la mer furieuse
Sont comme la Mélodie creuse
De ce rêve déconcertant
D’Elle, de nous, ou de cette âme
Que nous assîmes au banquet
Dites-nous quel est le trompé
Ô Inspirateur des infâmes
Celle qui couche dans mon lit
Et partage l’air de ma chambre
Peut jouer aux dés sur le table
Le ciel même de mon esprit

E l’amore? Lascia che
Mondiamo le sporche tare
Dell’eredità dove verminosi
Siderali si abbandonano
Come in questo sogno agitato
La grave Melodia sono l’organo
L’organo che sferza il vento e
La risacca dell’acque furiose
Oh, diteci chi è il fottuto
Ispiratore dell’infamità
Chiunque sedessimo a banchetto
Se Lei, se noi, o quest’anima
Lei che giace nel mio letto
E divide l’aria della mia stanza
E può giocare a dadi sul tavolo
Dello spirto mio il proprio cielo.
Florilège de poèmes d’Antonin Artaud

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